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Combien les artistes gagnent-ils grâce au streaming ?

Voilà quelques jours que ça cause pas mal (enfin comme à l’habitude finalement) de la rémunération des musiciens sur leur ventes en ligne. Justement, le Guardian vient de relayer une infographie qui répond à la question suivante : combien les artistes gagnent-ils vraiment sur les plateformes de streaming et de téléchargement ? Les données utilisées pour réaliser ce visuel sont visibles ici.

Revenus du téléchargement

Ainsi, sur iTunes, le titre d’un musicien signé chez un label, à $0,99 l’unité, doit être téléchargé 11 364 fois pour que celui-ci atteigne l’équivalent au SMIC américain ($1260). Or, toujours sur iTunes, un musicien indépendant n’aura besoin que de 1 826 téléchargements pour atteindre le même niveau de rétribution. En bref : un artiste signé doit vendre plus de titres car sur les $0,99 de l’achat, il ne touche que $0,11, contre $0,69 pour l’indépendant. D’une manière générale, les artistes indépendants semblent gagner à tous les coups sur toutes les plateformes… si on ne considère pas qu’ils sont loin d’avoir les mêmes moyens de promotion qu’un musicien signé.

Revenus du streaming

Sur Rhapsody et Beats Music (récemment rachetée par Apple et en pleine refonte35 % des artistes signés atteignent le SMIC. Sur Tidal (500 000 inscrits), dont le lancement a fait grand bruit cette semaine, on atteindrait 37 %, et 5 % des artistes indépendants.

Chez le Français Deezer, fort de 16 millions d’utilisateurs, seuls 6,5 % des artistes signés et 0,6 % des indés peuvent vivre de leur musique. Enfin, chez leurs concurrents directs de Spotify (60 millions d’inscrits), c’est encore plus bas puisqu’on obtient respectivement 2 % et 0,3 % de musiciens touchant au moins le SMIC. Quant à YouTube, qu’on oublie souvent de mentionner avec 1 milliards d’utilisateurs, respectivement 0,5 % et 0,07 % des musiciens parviennent à vivre de leurs vidéos.

Évidemment, plus le catalogue de la plateforme est fourni, plus le taux de rémunération à l’écoute est bas.

Musicians Digital Royalties Infographic

source : Guardian

Quelles conclusions en tirer ?

On ne peut s’empêcher de repenser à la question des ayants-droits de la musique soulevée par DBTH récemment :

« Regardez, tous ces artistes sur scène sont signés sur des labels. Pour certains, ils ne sont pas propriétaires de leur musique car c’est leur maison de disque qui est producteur. Les artistes ne négocient donc rien du tout. Les contrats de licence d’exploitation du catalogue sont passés entre les plateformes (Spotify, iTunes, Tidal, etc.) et les majors/labels/distributeurs. Ensuite chaque artiste signé en label a des termes qui peuvent être spécifiques dans son contrat d’artiste qui le lie à la maison de disque. »

Un problème à propos duquel la SPEDIDAM (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes) tente d’éveiller les consciences :

source : SPEDIDAM

source : SPEDIDAM

Ainsi, si j’ai bien tout compris, les solutions au problème de la rémunération des artistes-auteurs, mais aussi des interprètes, pourrait résider à l’endroit où :

1. L’artiste négocie ses droits avec sa maison de disques ?

2. Les labels négocient leur catalogue avec les plateformes de streaming ?

Une question que Grooveshark risque de ne plus avoir à se poser, car il vient une nouvelle fois de voir son business model jugé « illégal » et « inéligible au Digital Millennium Copyright Act » (DCMA).

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