Musique et numérique : l’actu de la semaine

Musique et numérique - L'actu de la semaineC’est la guerre !

Cette semaine encore, une actualité riche au sein de l’industrie musicale ! Kanye West saute du navire Tidal, qui fait face à une sacrée tempête de négativité suite à son lancement en demi-teinte, voire aurait permis à ses concurrents d’attirer un nouveau public. Cependant, Pandora aurait perdu 2 millions d’abonnés sur les 3 derniers mois. Pendant ce temps, Spotify négocie un nouvel apport d’Universal à son capital tout en tentant de défendre son modèle freemium. Par ailleurs, l’application Music Messenger, qui permet d’échanger facilement de la musique, commence à rencontrer un franc succès et intéresse les investisseurs.

À noter également, les ventes de vinyles lors du Record Store Day 2015 ont augmenté de 3,3 % par rapport à l’an dernier. L’occasion de lire un chouette dossier sur MyBandNews : « Pourquoi le vinyle n’a jamais véritablement disparu ».

Les labels partent en guerre contre le site MP3Skull

MP3Skull fait partie des (nombreux) sites proposant des contenus musicaux sous copyright gratuitement (et illégalement). Ce qui est intéressant dans cette énième poursuite en justice de la part des 3 principales maisons de disques, comme le souligne Mike Masnick de TechDirt, c’est l’angle choisi pour attaquer. En effet, le but est de parvenir à faire passer la SOPA pour une loi. L’objectif serait donc d’interdire tous les liens qui pourraient pointer vers le site incriminé, ou toute autre forme d’aide ou de publicité envers ce dernier. Or, la SOPA n’est encore qu’une proposition de loi et n’est donc pas encore applicable. L’idée que l’on puisse faire disparaître tous les sites de partage illégal de contenus sous copyright tenant de l’utopie, une décision de ce type aurait plutôt une valeur symbolique. Toujours est-il que l’argent dépensé dans ce type d’actions sont autant de moyens en moins pour travailler à mieux valoriser et rémunérer les artistes signés sur ces labels…

N.B. : Alors que les maisons de disque contestent régulièrement les taux de rémunération à l’écoute sur les services de streaming, Forbes révèle que les investissements de celles-ci dans ces sociétés constituent environ 20 % de leur valeur totale, soit quelques 3 milliards de dollars. Pas folle la guêpe.

Le big data et la musique : le tri contre la quantité 

Jeremy Silver, consultant spécialisé dans la musique et le digital, qui pose la question suivante : le big data est-il devenu trop gros ? De son point de vue, l’enjeu du traitement des données générées par le comportement des internautes sur les sites de streaming et de téléchargement, tels que Spotify ou iTunes, réside non pas dans l’aptitude à collecter le plus d’informations possible, mais surtout dans la capacité des analystes à trier ces données, les croiser, et ainsi dégager des indicateurs puissants pour aider à la promotion des artistes et à la curation. Si tout le monde semble d’accord sur ce point, c’est justement la définition de ces « données clés » qui divise les spécialistes. La prochaine étape du processus serait donc « la tension entre les standards de l’industrie » musicale en la matière et « les solutions « magiques » proposées par des sociétés propriétaires ».

La SABAM en guerre contre YouTube

Cette semaine, la SABAM, société belge de perception des droits d’auteurs, a publié un communiqué un poil déroutant.

Extrait :

La SABAM motive la perception des droits d’auteur de la manière suivante : lorsqu’ils hébergent du contenu protégé (embedded) sur leur blog ou sur leur site internet, les internautes font une nouvelle communication au public et reproduisent une œuvre, ce qui requiert l’autorisation préalable des ayants droit. Cette autorisation s’obtient généralement contre le paiement de droits d’auteur. 

La Cour de Justice de l’Union Européenne a rendu trois arrêts selon lesquels le fait de placer un hyperlien ou un lien ’embedded’ référent à du contenu librement disponible sur un site internet ne constitue pas une communication au public. La SABAM est d’avis que cette jurisprudence est limitée à des cas précis et qu’elle ne peut être généralisée.

Il résulte de la concertation que la SABAM entame une période de réflexion. Durant cette période, le placement par les internautes de vidéos ’embedded’ sur leurs blogs ou leur site internet ne sera plus soumis à l’obtention de son autorisation et au paiement de droits d’auteur. Toutefois, la SABAM tient à souligner que cette suspension est provisoire. Sur le principe, la SABAM ne renonce pas et elle entend préserver les intérêts de ses 39.000 auteurs-membres. Des concertations avec les acteurs du secteur sont prévues.

En lisant cette déclaration, ma première impression était la suivante : la SABAM sous-entendrait que les blogueurs et sites web « embeddant » (intégrant) du contenu soumis au copyright devraient rémunérer les ayants-droits. Ce qui me parait être une position extrême, étant donné que ces sites n’hébergent pas les contenus, mais les diffusent. En discutant avec Julie Rolland, j’ai finalement constaté qu’il s’agit surtout de demander des comptes à des plateformes telles que YouTube, qui hébergent ces fameux contenus et ne rémunèrent pas suffisamment les auteurs. Petit manque de clarté donc (ou alors c’est juste moi qui fais la fine bouche). Ce communiqué de la SABAM fait suite à la récente campagne de la SPEDIDAM qui milite pour la rémunération des artistes-interprètes, les grands oubliés des royalties. Pour rappel, environ 40 % des contenus de YouTube seraient liés à la musique.

Comme on l’a déjà vu sur ce blog, une des solutions pour améliorer la rémunération des artistes serait peut-être à chercher dans une meilleure traçabilité des contenus, via une gestion centralisée des métadonnées qui y sont liées. D’ailleurs, InaGlobal a également publié un article à ce sujet.

9 startups françaises en finale du MidemLab 

Parmi les 30 finalistes du MidemLab, dont les vainqueurs seront connus début juin lors de la 8e édition du Midem, on ne compte pas moins de 9 startups musicales françaises : Soundsgood, The Best Song, Vinyl it, FRETX, Lucie LabsPhonotonic, Prizm, Trak, et Videostitch.

Cocorico donc, la France n’est pas en reste quand il s’agit d’innovation au sein du secteur musique.

Pour ne rien manquer de l’actualité de l’industrie musicale et numérique, rendez-vous sur Scoop.it et sur Twitter, où je partage quotidiennement ma veille sur ces sujets.

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