Le community management peut-il sauver l’industrie musicale ?

Premier post sur ce blog tout nouveau tout chaud. De quoi va-t-on causer ici-bas ? Industrie musicale, social media, marketing digital et communautés en ligne. Pour en savoir plus sur ma pomme, rendez-vous sur Twitter ou LinkedIn ! Commençons avec la question suivante : le community management peut-il sauver l’industrie musicale ?

Mettons-nous directement dans le bain avec ce qui suit. La synthèse ci-dessous est extraite d’un rapport de veille thématique effectué lors de ma dernière formation. J’avais choisi, en plus d’une veille active sur la relation entre industrie musicale et numérique dans sa globalité, de m’intéresser directement à la communication en ligne de trois artistes précis qui me semblent emblématiques des grandes tendances qui se dégagent pour le community management des musiciens professionnels, à savoir : l’artiste totalement indépendant, le musicien en contrat avec une major, et enfin le groupe signé chez un petit label indépendant. Si les chiffres ont évolué depuis (ce dossier date de presque un an), les enjeux demeurent sensiblement les mêmes à ce jour.

À suivre donc, la synthèse du dossier, dont l’intégralité est ici.

Le community management peut-il sauver l'industrie musicale ? L'exemple de Beyoncé sur Facebook

Le community management peut-il sauver l’industrie musicale ? L’exemple de Beyoncé sur Facebook.

Le community management peut-il sauver l’industrie musicale ?

Ce n’est un secret pour personne. L’industrie musicale pleure l’âge d’or de la vente de disques depuis la révolution entamée par Napster en 2004. Si la copie privée était déjà une pratique courante chez les mélomanes depuis l’invention de la cassette audio, l’avènement du peer to peer, permettant de partager du contenu plus vite et en plus grande quantité, a considérablement fait évoluer les pratiques d’écoute de la musique.

Les 3 systèmes d'échange en ligne

source : blog.sociographie.net

Pourquoi payer pour un support aussi fragile et peu attractif que le CD ? Pourquoi s’abonner à Spotify ou Deezer pour avoir accès à des catalogues encore incomplets sur son mobile ou son ordinateur lorsque l’on peut y avoir accès gratuitement et (quasiment) sans effort avec le peer-to-peer ? Ce sont les questions que tentent de résoudre les “middle men”, ces intermédiaires entre artistes et auditeurs qui ont fondé toute leur industrie sur les revenus générés par l’achat d’objets, et maintenant de fichiers musicaux. Si les offres actuelles de streaming et de téléchargement légales restent finalement marginales, la plupart des acteurs du secteur continuent de miser sur cette solution pour compléter les revenus générés par les concerts et produits dérivés.

Autre aspect de ce nouveau système de la souscription (ou bien soutenu par la publicité) et de la rémunération à l’écoute, la redistribution :

La redistribution des revenus de la musique numérique

source : leprofyl.com

C’est pourquoi certains artistes refusent de diffuser leur musique sur ces plateformes et choisissent de se distribuer eux-mêmes, ou bien de proposer leurs enregistrements pour un prix laissé à la discrétion de l’internaute. Par ailleurs, la facilité d’accès à l’écoute mais aussi à la création, grâce à l’apparition de logiciels et de moyens de distribution qui ne nécessitent plus de connaissances techniques réservées à une poignée de spécialistes, favorise la mise en ligne d’une plus grande quantité de contenus. Dès lors, comment se distinguer de la masse, comment capter son public et conserver suffisamment son attention pour qu’il soit prêt à payer pour écouter le travail d’un artiste, voire à se déplacer pour le voir en concert ? Qu’ils s’agissent des maisons de disques ou des musiciens indépendants, il semble admis par tous que l’animation et le dialogue avec ces communautés de fans semble être une réponse. Proposer un contenu différencié pour les plus fidèles, se servir des métadonnées traitées par les services de streaming pour mieux affiner sa stratégie de communication (on et offline) sont des pistes sérieuses pour les musiciens et leurs équipe de promotion. Lorsque Pharell Williams implique sa communauté en lui permettant de proposer sa propre version de son single “Happy”, et flatte son égo en valorisant leurs initiatives, ou lorsque Beyoncé lance l’opération #WHATISPRETTY sur Instagram pour promouvoir son dernier titre, reprenant les propositions de ses fans pour les diffuser sur ses propres canaux de communication, ils impliquent leurs auditeurs, prolongent leur expérience au-delà du simple enregistrement, tout en produisant un nouveau contenu directement lié au leur et absolument viral ; le fan fier d’être reconnu par son artiste favori partagera sa contribution, et montera ainsi d’un cran dans son niveau d’engagement envers celui-ci.

L’industrie musicale a alors tout intérêt à ne pas faire reposer sa communication numérique sur de seuls stagiaires publiant des posts sur Facebook, mais à intégrer cet aspect dans sa stratégie globale de promotion. Il en va de même pour les artistes DIY, dont le dialogue direct, sans intermédiaire avec leur communauté (comme ici Amanda Palmer), instaurent une entente et un sentiment de proximité augmentant sans aucun doute la propension du fan à vouloir contribuer, en dépensant de l’argent pour ses productions & merchandising ou en participant directement au processus de création. À bon entendeur donc, au milieu de débats interminables sur l’effondrement du système, peut-être est-il temps de véritablement s’intéresser aux possibilités offertes par ces canaux (plus si neufs) que sont le web et les réseaux sociaux. En mettant en place des stratégies qui placent l’artiste et l’auditeur au centre du contenu, valorisent les échanges de leur communauté, pour mieux permettre aux musiciens de vivre de leur art.

L’intégralité est ici : Dossier de veille – Le community management peut-il sauver l’industrie musicale ?

, , , , ,

Trackbacks/Pingbacks

  1. État des lieux des startups musicales françaises | NUMESIQUE - 27 mars 2015

    […] travers ma fonction de community manager, en rapportant (modestement) : synthèses régulières de la veille que j’effectue au quotidien, études de cas, questionnements et […]

  2. Musique et numérique : l’actualité de la semaine | NUMESIQUE - 30 mars 2015

    […] la nouvelle d’une sortie “surprise” et créer un “moment”. Une preuve de plus que le community management peut aider à sauver l’industrie musicale ? Pas si […]

  3. Combien les artistes gagnent-ils vraiment grâce au streaming ? | NUMESIQUE - 3 avril 2015

    […] Ainsi, sur iTunes, le titre d’un musicien signé chez un label, à $0,99 l’unité, doit être téléchargé 11 364 fois pour que celui-ci atteigne l’équivalent au SMIC américain ($1260). Or, toujours sur iTunes, un musicien indépendant n’aura besoin que de 1 826 téléchargements pour atteindre le même niveau de rétribution. En bref : un artiste signé doit vendre plus de titres car sur les $0,99 de l’achat, il ne touche que $0,11, contre $0,69 pour l’indépendant. D’une manière générale, les artistes indépendants semblent gagner à tous les coups sur toutes les plateformes… si on ne considère pas qu’ils sont loin d’avoir les mêmes moyens de promotion qu’un musicien signé. […]

  4. Communiquer pour les petits festivals, l’exemple de L’Ère de Rien | NUMESIQUE - 28 avril 2015

    […] pour communiquer sur l’activité des associations bénévoles et leurs événements. Le community manager peut aider à sauver l’industrie musicale, et cela vaut aussi pour l’aspect événementiel du secteur. À travers l’étude de cas […]

  5. Le community management peut-il sauver l'indust... - 23 septembre 2015

    […] Le community management peut-il sauver l'industrie musicale ? Réponse à travers 3 études de cas d'artistes utilisant les réseaux sociaux pour communiquer…  […]

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress. Ce thème WordPress provient de WooThemes